Nouvelle pièce de Luc Cendrier, Dans les Appalaches a été présentée les 9, 10, et 11 juillet au Théâtre de l’Orme, 16 rue de l’Orme, Paris XIXe.

Jules et Juste assis, se regardent, juil. 2020Jules et Juste, anciens professeurs de philosophie, marginalisés, essaient de se ressaisir et malgré de nombreux échecs passés, décident de se relancer dans l'enseignement. Ils explorent des pistes pour tenter de retrouver leur forme physique et des idées originales philosophiquement simples, mais qui ne peuvent mener qu'à des impasses. Lui assis et elle debout, juil. 2020Formant un véritable couple, ils enchaînent les disputes, vraies « scènes de ménage » à la plus grande joie du public. Public interpellé aussi par les questions existentielles universelles dans lesquelles il ne peut que se retrouver. Le tout dans un rythme endiablé et millimétré comme une partition musicale, qui entraîne le public dans une attention permanente et soutenue comme en un seul souffle du début à la fin. Spectacle recommandé pour tous les publics, chacun pouvant y retrouver son compte et beaucoup s'amuser, quel que soit son âge ou son origine.

Jules et Juste dos à dos, juil. 2020

Avec, en 1re partie, Krissox (Christian Bourdel) (guitare et voix)
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Article de Gilles Costaz « Dans les Appalaches » 10 07 2020 web théâtre

D’où viennent-ils, ces deux-là, paumés, égarés, le corps encore debout mais le cerveau en dérapage continu, fatigués mais persuadés que personne ne repère qu’ils sont au bout du rouleau ? Lui porte avec sérieux des fripes colorées qui ont peut-être appartenu à un clown. Elle, en gilet noir et pantalon rouge, a un peu plus d’élégance mais, sous sa casquette (lui aussi en porte une, ça fait sportif), travaille du chapeau. Ils se disent philosophes et prétendent recouvrer l’attention de quelques élèves (les élèves, c’est nous, les spectateurs). On veut bien les croire mais, plus que des profs, ils sont les clochards célestes de Kerouac et ces huluberlus de l’absurde qui attendent patiemment l’impossible et s’arcboutent dans un combat perdu d’avance.
Nos deux passants groggy se promettent sans cesse de « réfléchir » et de « se reprendre ». Mais tout file entre les mots de leur dialogue, pourtant brillant. Luc Cendrier écrit des répliques comme « A quel âge ça peut être la jeunesse ? », « Le jour où la mort précèdera la naissance, on gagnera du temps », ce qui le place souvent à la hauteur des Allais, Ribes ou Dubillard. Les deux misérables se demandent, en cours de route, « par quoi on commence ». Ils tournent en rond, se disent qu’il faudrait réfléchir « haut de gamme » ou atteindre au « génie » mais n’y parviennent pas. Pas du tout ! Avec Cendrier la comédie de l’échec est une affaire victorieuse. On y rit sans cesse, à la meilleure hauteur cérébrale.
Porteurs d’un texte acrobatique, aux difficultés piégeuses, Luc Cendrier lui-même et Marie-Claire Davy mettent en place un jeu de quête mentale de toute beauté : ils font éclater des instants de certitudes dans un tangage où s’enroulent implacablement les incertitudes. La mise en scène de Marie-Claire Davy place joliment ces deux êtres dans une étrange complicité où ils sont à la fois ensemble et loin de l’autre. Leur spectacle ne permettra guère de visiter les Appalaches – il faut toujours se méfier des titres - mais nous apprendra que la grande époque du duo comico-métaphysique, qu’on croyait révolue, est revenue grâce au tandem Cendrier-Davy.

Dans les Appalaches de Luc Cendrier, mise en scène de Marie-Claire Davy, assistée d’Isabelle Lebailly, avec Marie-Claire Davy et Luc Cendrier. (Le spectacle est précédé d’un court récital de chansons de Christian Bourdel

https://www.webtheatre.fr/Dans-les-Appalaches-de-Luc-Cendrier

 

À Christian “Krissox” Bourdel :

Merci pour ce moment de chansons et guitare que tu nous a offert lors du festival des 9, 10 et 11 juillet 2020 au Théâtre de l'Orme à Paris 19ème. Tu as su installer un climat chaleureux, convivial et festif avec des chansons où tendresse, humour et gouaille sont portées par une musicalité aux rythmes variés, des textes originaux et bien écrits et une belle interprétation à la guitare et à la voix . Sur le disque, la balance guitare voix est parfaite. Nous avons entendu l'enthousiasme des spectateurs pendant ce tour de chant. La  présentation des chansons, drôles et bien amenées, ont créé une complicité avec le public qui en avait d'autant besoin lors de ce confinement et port de masques liés au Covid 19.
Pour le disque que j'ai écouté avec ma fille Chloé nous avons particulièrement apprécié les reprises, notamment Cayenne. Nous aimons bien ta voix bien à toi. Et moi j'aime particulièrement le jardinier oxygéné.

Marie-Claire