Il y a ceux qui refont le monde au café, et ceux qui vont le refaire sur l’île du Café-club, îlot perdu au large du Groënland, la terre la plus au nord de la Terre. C’est là que nous retrouvons notre homme, avec trois compagnons, pour une course burlesque où chacun veut tirer la couverture à soi mais ne parvient qu’à se prendre les pieds dedans.

Mise en scène

Si vous prenez un bon Atlas anglais très détaillé, vous trouverez au large du Groenland, à 706 kilomètres du Pôle Nord, un petit point au milieu de l’océan arctique et le nom de cet îlot désertique perdu dans les glaces « Café Club Island ».

En me révélant que le titre de sa pièce était conforme à la vérité géographique, Luc Cendrier me révélait son goût immodéré pour la Vérité, passion qu’il cache sous son humour décapant comme on cache un secret inavouable dans une valise impossible à ouvrir.

« Deux personnes ? Un conflit. Trois personnes ? Un complot ! Il y en a toujours deux contre un. Au-delà de trois, c’est la guerre, avec les alliances et les retournements d’alliance ! »

Cette vérité psychologique fondamentale, je la connaissais moi-même de longue date puisque c’est la clef de voûte de toutes les œuvres théâtrales.

Mais c’est en mettant en scène L’Île du Café-Club que j’ai découvert comment Luc Cendrier joue à l’infini de cette vérité là avec jubilation, une jubilation communicative.

Je vous garantis qu’en répétant, nous, nous nous sommes amusés, comme des fous !

À vous de jouer maintenant !

José Valverde